La suppression du système AdBlue constitue une manipulation illégale qui altère le contrôle des émissions polluantes et expose le conducteur à des sanctions. Cependant, face à la défaillance du système, de nombreux automobilistes choisissent de supprimer électroniquement le système AdBlue de leur véhicule. Dans cet article, nous vous exposons les différentes méthodes par lequelles on peut détecter la suppression AdBlue et les sanctions possibles.
1. Diagnostic électronique via OBD
- Qui ? Garages spécialisés, concessions automobiles, professionnels équipés d’outils de diagnostic performants
- Comment ? En utilisant un outil de diagnostic OBD pour lire les codes d’erreur et les paramètres du véhicule. Si le calculateur moteur ne détecte plus le système AdBlue ou si certains capteurs sont inactifs, cela peut indiquer une suppression.
- Fiabilité ? En règle générale même les concessions ou professionnels équipés des logiciels constructeurs ne sont pas en mesure de vérifier une suppression éléctronique du système AdBlue via un diagnostic. En effet, la suppression du système AdBlue ne provoque aucune mise en défaut du véhicule et reste complexe à détecter via OBD.
2. Inspection physique du réservoir et des injecteurs AdBlue
- Qui ? Mécaniciens et experts automobiles.
- Comment ? En vérifiant visuellement la présence du réservoir AdBlue, de la pompe, des injecteurs et des capteurs NOx. Une absence ou un débranchement suspect peut révéler une suppression.
- Fiabilité ? Lorsqu’un AdBlue est supprimé électroniquement toutes les pièces sont conservées. La seule chose qui peut être constaté c’est le débranchement de la prise AdBlue mais cela n’est pas automatique.
3. Contrôle des émissions polluantes
- Qui ? Centres de contrôle technique, DREAL, forces de l’ordre.
- Comment ? En réalisant un test des émissions NOx avec un analyseur de gaz d’échappement. Une concentration anormalement élevée de NOx peut indiquer que le système AdBlue a été désactivé.
- Fiabilité ? Le système AdBlue réduit les émissions polluantes des véhicules Diesel. Cependant de nombreux véhicules fonctionnent encore sans ce système et pourtant le taux de pollution n’exède pas la limite autorisée au contrôle technique. Il faut simplement veiller à ce que le véhicule soit bien entretenu et le Filtre A Particules (FAP) propre et fonctionnel.
4. Vérification logicielle
- Qui ? Experts en reprogrammation moteur ou concessionnaires.
- Comment ? En analysant le logiciel du calculateur moteur (ECU). Une modification des cartographies peut être détectée, notamment si le programme AdBlue a été désactivé.
- Fiabilité ? Cette technique est la plus fiable mais elle est très complexe. En effet, faire une lecture de l’ECU demande du matériel performant et des experts dans le domaine. Ils sont très peu en France.
En conclusion, les constructeurs cherchent à dissuader les automobolistes à supprimer leur système AdBlue car cela ne répond pas aux normes environnementales. Cependant, la possibilité de repérer une suppression électronique d’un système AdBlue est très complexe, pour ne pas dire presque impossible. Les outils manquent de performance et les personnels formés sont peu nombreux.
Sanctions en cas de suppression
- Suppression de l’AdBlue = non-conformité légale (sanctions administratives et amendes).
- Refus du contrôle technique si le système antipollution est jugé non fonctionnel.
- En cas de contrôle routier, une amende allant jusqu’à 7500€ et une immobilisation du véhicule peuvent être appliquées.
Conclusion
Bien que des mesures de vérification soient envisagées, détecter la suppression du système AdBlue reste une opération complexe. En effet, ces contrôles nécessitent des outils de diagnostic sophistiqués et une expertise technique. Les policiers en bord de route ne sont donc pas équipés et formés pour faire ce genre d’inspection. Par ailleurs, même si des vérifications lors du contrôle technique sont à l’étude, aucune mesure concrète n’a encore été instaurée, selon Sécuritest.
Face aux défaillances techniques du système AdBlue, il n’est pas surprenant que certains automobilistes soient tentés de le supprimer électroniquement, malgré les risques juridiques et environnementaux que cette pratique implique.